HANNIBAL – la série

Après les adaptations (The Sarah Connor chronicles, Nikita, Stargate…), les reboots (Le retour de K2000, Charlie’s angels, V, Hawai Five 0,…), les suites (Dallas, Berverly Hills, la nouvelle génération…),  voici la nouvelle marotte d’Hollywood : le préquel de film en série ! D’abord avec Bate’s Motel, soit la jeunesse de Norman Bates le héros psychopathe du film d’Hitchcock Psychose, qui revient sur sa relation avec sa mère, avant que son squelette ne serve de déco dans la chambre à coucher. Hannibal fait encore plus fort puisqu’il s’agit d’un préquel de préquel , mais aussi d’une suite de préquel. Oui, il y a de quoi se perdre…

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Hannibal – la série, se situe juste avant Dragon Rouge (trèèèès mauvais film du tâcheron Brett Ratner), lui même remake de Sixième Sens (trèèèès bon film du génial Michael Mann), et préquel du Silence des agneaux. Mais aussi, suite d’Hannibal, les origines du mal qui suivait la jeunesse quelque peu chaotique du futur psychiatre amateur de cervelle humaine arrosée au chianti. Oui, j’avoue, il y a de quoi se perdre (N’hésitez-pas à relire ces quelques lignes si besoin est). Mais qu’en est-il exactement de la série ? La première surprise est d’y retrouver à sa tête un showrunner d’exception en la personne de Bryan Fuller, génial (mais malheureux en terme d’audiences) créateur du drôlissime Dead like me et du magnifiquement onirique Pushing Daises (accessoirement appelé à la rescousse de Heroes lors de la saison 3, sans grand succès, cqfd !). Voilà un univers dans lequel on ne l’attendait pas… Restait maintenant à savoir quel sort il avait réservé à ce personnage devenu en quelques années aussi culte que Dark Vador ou Freddy Krueger !

Will Graham (Hugh Dancy, entraperçu dans Le Roi Arthur et de nombreuses productions anglaises) est un agent du FBI qui a la capacité, véritable malédiction, d’entrer dans l’esprit des tueurs qu’il traque, afin de comprendre les crimes qu’ils ont commis. Un don qui plonge le policier dans un état qui le fait vivre dans une angoisse permanente. L’agent Jack Crawford (Laurence Fishburne) vient le chercher dans l’université où il enseigne afin de lui demander son aide sur une affaire de crimes en série particulièrement sanglant, où des étudiants sont retrouvés vidés de certains de leurs organes. Cela ne vous rappelle pas quelque chose… ou quelqu’un ? Crawford, fait alors aussi appelle au Docteur Lecter, brillant et reconnu psychiatre  pour le conseiller dans son enquête. Un consultant érudit et particulièrement utile, mais qui, l’air de rien, s’immisce, lui aussi, dans les méandres du cerveau de Graham … Un faux suspens se met alors très vite en place puisque l’on connait le personnage, et que l’on sait ce qui va lui arriver.. C’est peut-être une des premières limites de la série.

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L’évident bon point du show est la présence de Mads Mikkelsen (Le « chiffre » dans Casino Royal et acteur fétiche de Nicolas Winding Refn) dans le rôle d’Hannibal Lecter, même si ses qualités en font un défaut.. Un peu trop étrange et flippant dès le départ, là où Anthony Hopkins amenait une ambigüité glaçante.

Autre défaut, et non des moindres, la mise en scène. Bourrée d’artifices (rêves, ralentis et autres hallucinations) et de détails sensés nous rappeler – par touches – les éléments de la saga, on sent le gimmick visuel à 10 kilomètres à la ronde. Le tout accompagné de vibrations, et de quelques notes du premier mouvement des Variations Goldberg de Bach pour nous rappeler lourdement la fameuse scène de cuisine humaine d’Hannibal de Ridley Scott. Comme si Lecter, fin mélomane, ne connaissait que ce morceau… Pourtant, loin d’être totalement inutile, elle sert aussi le récit, en donnant corps à ce qu’ellel veut dire de ses personnages et de l’univers dans lequel ils évoluent. Même si elle semble souvent hésiter esthétiquement entre la froideur du Silence des Agneaux et le Hannibal, super (trop) léché, de Scott. Elle témoigne pourtant, il faut le reconnaître, d’un soin et d’une qualité de production notables et inattendus  pour une grosse network comme NBC. Voilà une série que l’on aurait plus imaginé sur Showtime (Dexter) ou AMC (The walking dead). Un peu comme si TF1 décidait de produire un remake adapté de Seven.

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Certes, il ne s’agit là que du pilote, et les qualités d’une série se juge sur bien plus que ça. Alors laissons lui (un peu) le temps de s’installer. Et si celle-ci parvient à conserver son atmosphère, sans écraser la narration et ses personnages sous certaines de ces lourdeurs visuelles, alors la série pourrait confirmer les attentes que beaucoup place en elle. Mais attention au trop plein : suites, remake, préquels, série télé… on se croirait dans Star Wars et chez les héros Marvel. Alors, après Chewbacca et Iron Man, Hannibal Lecter dans l’écurie Disney… ça serait un comble pour un cannibale de cette classe !

La série a été achetée par Canal +. Encore aucune date de diffusion prévue…

Olivier Fournel

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X FACTEURS : PETITE HISTOIRE DU PORNO EN FRANCE – EPISODE II : STARS 80

Un âge d’or ne peut durer toujours. Si les années 70 virent s’effondrer les digues de la censure devant le raz-de-marée de l’érotisme le plus hard, si cette époque, qu’on pourrait qualifier de « dionysiaque », ébranla définitivement le règne sans partage des faux-culs de l’ordre moral, une question restait entière à l’aube des années 80 : qu’allait-on faire de cette liberté si chèrement acquise ? Car si, riche de promesses, la décennie précédente avait fait évoluer les mœurs, permis à la sexualité d’avoir un droit de cité (et de représentation) inenvisageable jusqu’alors, ouvert un nouveau champ de regard au cinéma – ne se gênant pas pour les investir, force est de reconnaître que cette liberté ne s’est pas suffi à elle même pour engendrer un véritable renouvellement des règles. On pouvait espérer que le développement de la vidéo, pour contourner toutes les contraintes économiques inhérentes au cinéma, permettrait de changer ces dites règles. Pourtant, il s’agissait, là encore, d’une illusion…

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C’est la rose l’important

L’évolution ne se fait certes pas en un jour, mais là, le combat semble des plus difficile. Et si le contingent de films X en salles est encore équivalent à celui des films plus « classiques » en 1978, il connait un chute brutale l’année suivante. Chute qui s’aggrave encore dès 1980. Les budgets s’étiolent et les films deviennent des sous produits. Le cinéma pornographique devient alors une sorte de ghetto, où toute évolution semble destinée à être étouffée dans l’œuf. Le changement de majorité politique en 1981 aurait pu changer les choses, beaucoup l’ont voulu, l’ont rêvé… Pourtant, c’est le coup de grâce, qui va être porté au cinéma X à l’arrivée d’un gouvernement de gauche resté finalement très puritain, ou plutôt qui ne souhaite pas se mouiller sur un terrain qui ne présente que peu de chance d’être consensuel. Le nouveau ministre de la culture, le « formidable » Jack Lang, affirme très vite que le sujet ne fait pas partie des priorités de ce même gouvernement.

Parallèlement, ce qu’on appelle à l’époque la vidéo domestique vient d’apparaître en France. Le VHS est mis en vente en 1978 et le succès est immédiat, ce qui favorise l’essor de la location de films et l’implantation de vidéo-clubs. La mutation qui se profile n’est pas juste économique. En ce qui concerne le X, un nouvel échelon est gravi avec l’intrusion du spectacle à domicile. Très vite, le commerce de la vidéo est importante, et les premiers « hits » apparaissent. Marilyn Jess, qui a commencé sa carrière à 19 ans en 1978, connait un succès foudroyant avec Adorable Lola. Brigitte Lahaie, déjà égérie du cinéma X devient une vraie vedette grâce à Indécences 1930 en vidéo. Preuve du succès de ce nouveau média, la presse vidéo occupe le terrain, les mensuels fleurissent dès le début des années 80, et tous se signalent au minimum par un « cahier spécial X », caisse de résonance au genre, et développant le culte des nouvelles stars : Cathy Ménard, Claudine Beccarie, Richard Allan – autrement appelé « Richard queue de béton » ou encore Alban Ceray.

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Hard Mania

Des manifestations sont organisées. A Paris, un festival de l’érotisme a lieu pendant plusieurs années sur l’emplacement du futur Opéra Bastille. Et surtout dès août 1985, le porno arrive sur la toute nouvelle chaine cryptée Canal +, qui n’a pas encore un an. Quoi de plus normale sur la chaine « du cinéma et du sport » ? Le 31 août exactement, la chaîne diffuse Exhibition de Jean-François Davy, véritable film cul(te) de 1975 ! Dès lors, le 1er samedi du mois devient un évènement aussi attendu par les abonnés (et les fans de la passoire) que la Pentecôte pour les catholiques, avec l’avantage d’avoir lieu plus souvent…

Exhibition

Mais ce « phénomène X » : l’expansion de la vidéo comme l’arrivée de Canal +, bouleverse les habitudes de consommation, en abolissant toute barrière sociale. Il faut bien le reconnaître, le porno est rentré dans les mœurs, au grand dam de certains, qui ont du mal à l’admettre ! Mais qui dit médiatisation, dit aussi scandales. Au printemps 1986, il n’est question dans le monde du X que de « l’affaire Rita Mitsouko ». Le tandem rock vient de décrocher son premier succès avec Marcia Baila. Or, sa chanteuse Catherine Ringer, a naguère tourné (parfois sous le pseudo Betty Davis), du temps où elle était à la fac, une série de films hard où elle déployait d’ailleurs beaucoup de talent (étant une des seules françaises à pratiquer la technique de la gorge profonde, ndlr). Que font les producteurs de ces cassettes ? Ils les ressortent immédiatement sous le nom de Rita Mitsouko. Procès de la chanteuse, mais rien n’y fait. Aucun problème pour les fans du groupe qui se fichent du passé de Catherine , et certains semblent apprécier la chanteuse autant que la comédienne de Poker partouze pour Marcia. Seul Serge Gainsbourg y trouvera à redire…

Autre constat, le succès grandissant du X risque de le mener très vite à la monotonie. C’est la naissance des nouveaux embranchements que sont le « hard amateur », où des particuliers se filment et vendent leurs ébats à des producteurs friands de leur maladresse face à la caméra; et le « hard-crad ». ou « curiosités » : femmes obèses, futures mamans enceintes, rasage de pubis en direct, fétichismes… et autres joyeusetés que la bienséance m’empêche de décrire ici, viennent fleurirent sur les rayons des boutiques spécialisées.

Dès 1987, la décennie pornographique s’achève principalement sur deux « points de non-retour » : l’abandon total du 35 mm au profit de la vidéo, et le début de l’utilisation du préservatif – encore minoritaire à cette époque – malgré le décès aux États-Unis de l’acteur John Holmes, atteint par le virus du Sida. Certains quittent alors le X, comme Marilyn Jess. Les films 100% safe sex finiront tout de même par arriver, mais ceci est une autre histoire…

A suivre…

Olivier Fournel

IRON MAN 3

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Le voilà, enfin, le film que beaucoup attendaient, et que notre héros en armure méritait. Malgré toutes les qualités du premier opus, excellent « Entertainment movie », force est de reconnaître que le Iron Man de John Favreau, manquait férocement de personnalité, se reposant essentiellement sur celle de son interprète Robert Downey Jr. Avouons aussi qu’arriver juste après le Dark Knight de Christopher Nolan et le Watchmen de Zach Snyder, n’était pas chose aisée. Mais en reprenant les rênes de la franchise, Shane Black passe du rêve à la réalité, réalisant un film au style que l’on attendait pas forcément… ou peut-être un peu pour les fans de la première heure du réalisateur.

Car Shane Black c’est LE scénariste des années fin 80 / début 90, père d’œuvres de références comme L’Arme fatale (1987) de Richard Donner, Last Action Hero (1993) de John Mc Tiernan, où Schwarzenegger jouait Schwarzenegger qui jouait un héros de film d’action, ou encore Le dernier samaritain (1991) du regretté Tony Scott, avec un Bruce Willis au top de sa forme verbale. Il est aussi le réalisateur de Kiss Kiss Bang Bang (2005), le film qui a permis à Robert Downey Jr de relancer sa carrière cinématographique après ses problèmes de poudreuse et de prison. Grand scénariste, Shane Black est aussi un énorme dialoguiste, roi de la vanne, et Iron Man 3 le prouve une nouvelle fois. Il était l’homme de la situation pour relancer les aventures de l’homme de fer, après le ratage du second opus, et le coup de génie des Avengers. Celui qui est considéré par beaucoup comme le maître du « buddy movie », offre le même traitement à Tony Stark, tordant ainsi les conventions du genre : film d’action, film noir, comédie. Il joue avec les clichés pour mieux les bousculer.

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Plus centré sur Stark que sur son alter égo métallique (le mot prend ici tout son sens), l’armure devient ici un personnage à part entière. On en vient très vite à faire le parallèle entre la relation Downey Jr / Stark et Stark / Iron Man. Qu’en serait-il de la franchise Iron Man sans le comédien, et de Tony Stark sans Iron Man ? D’ailleurs, l’industriel flamboyant des deux premiers films n’est plus le même. Il est en pleine dépression depuis qu’il a combattu des aliens et un dieu nordique venant d’une autre dimension aux côtés de ses nouveaux amis super-héros. Le voilà dans une grosse période de doutes (on le serait pour moins que ça…). Lorsque qu’en plus son univers personnel en prend un coup, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver, non seulement un ennemi prêt à tout pour l’éliminer, mais aussi se retrouver lui même, et tenter de répondre à la question qui ne cesse de le hanter secrètement : est-ce l’homme qui fait le costume, ou le costume qui fait l’homme ?

Dès lors, le film ne cesse de montrer l’être humain en proie à ses faiblesses. Stark s’est créé un double pour se rassurer plus que pour survivre, un héros, devenu une véritable icône pour le pays qu’il défend. Mais au fond, ce n’est qu’un refuge. En réalité, il reste un homme imparfait, pire un homme blessé avec un cœur transpercé d’un bout de métal. Et c’est lui le nouvel Iron Man, cet homme qui s’expose, se met à nu face à ce (et ceux) qui l’entoure. Son but n’est plus simplement de sauver le monde, mais de se trouver en tant que personne, et non plus seulement en tant que super-héros. Une fois enlevé ce qui le rend fort et (quasi) indestructible, il va se retrouver à terre… Mais sans son costume, il se montre sous un jour plus féroce et finalement tout aussi dangereux. Son aventure au sein des Avengers l’a poussé à se remettre en question, il opère ici une renaissance qu’il espère salvatrice. Sûrement le syndrome Batman !

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Iron Man 3 est le premier film de l’écurie Marvel post Avengers. Mais à tout bien y réfléchir, l’extraordinaire succès autant critique que public de ce dernier (plus d’ 1, 5 milliards de dollars dans le monde) avait tout du cadeau empoisonné, obligeant le studio à placer la barre très haut pour ses suites (Thor 2 et Captain America 2 arrivent bientôt) et ses autres héros dérivés en attente (Ant Man). En créant un genre nouveau, , le « cross-over de blockbusters », Joss Whedon jouait gros. Un peu comme si l’on réalisait un film où James Bond s’alliait à John McLane et Jason Bourne pour combattre les méchants Transformers prêts à envahir le monde libre une nouvelle fois.

Non seulement Shane Black relève le défi de ne pas jouer la surenchère, ce qui aurait été une énorme erreur, contournant ainsi tout risque de déception, mais il réussi aussi à imposer sa touche, faisant de l’un des films les plus attendus de l’année une œuvre plutôt personnelle, en tout cas qui ressemble à son auteur. Au passage, il restaure la « cool attitude » du personnage, bien entamée par un deuxième volet raté au-delà de toutes espérances…

Qui a dit que le 3 était un chiffre maudit ? Ah oui ! Shane Black au moment de la sortie de L’Arme fatale 3…

Olivier Fournel

Sortie le 24 avril 2013; de Shane Black; Avec : Robert Downey Jr, Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Ben Kingsley, Guy Pearce… Long-métrage américain; Genre : action; Durée : 2h10   Distributeur : Paramount / The Walt Disney Compagny

THE PLACE BEYOND THE PINES

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Luke, cascadeur à moto itinérant, retrouve lors de l’un de ses spectacles le chemin de Romina, aventure d’un soir, et découvre qu’elle lui a caché l’existence d’un  fils. Le motard décide alors de tout quitter pour assumer ses responsabilités de nouveau père et part braquer des banques. Il va se heurter à Avery Cross, policier ambitieux, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrénée par la corruption.

The place beyond the Pines invite, non sans un certain fatalisme, à réfléchir sur l’importance des choix opérés par l’Homme et s’attarde sur les répercutions qu’ils peuvent avoir sur les générations futures. Pour cela, le spectateur va suivre la chute aux Enfers de Luke (Ryan Gosling) et le chemin de croix d’Avery (Bradley Cooper), pour aboutir à la synthèse de deux parcours, à travers leurs enfants.

Si ce faux polar au goût de tragédie grecque – et trop vite assimilé par certains à un Drive à deux roues –  aurait pu rapidement sombrer dans le pathos, les nombreuses qualités filmique du long-métrage en font une œuvre chorale profonde et aboutie.

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Mais la principale gageure et réussite du réalisateur Derek Cianfrance est de réaliser un triptyque en un seul film. A la différence de Babel du mexicain Alejandro Gonzàlez Inarritu, où les images se faisaient échos et répondaient à une implacable logique narrative, ici le film est véritablement découpé en trois partie. Les scènes finales semblent d’ailleurs être la conclusion d’une saga, au même titre que Le Parrain III ou The Dark Knight rises.

Quant au casting, si le talent de Ryan Gosling ou Bradley Cooper n’est plus à démontrer,  il est bon de rappeler celui d’Eva Mendes qui avait  déjà montré toute l’étendue de celui-ci dans La nuit nous appartient de James Gray, et qui prouve qu’on peut jouer dans 2 Fast 2 Furious ou avoir comme partenaire Will Ferrell, et être à sa place dans un film d’auteur. Amaigrie et sans maquillage, elle compose ici un rôle à des années lumières de son image de sex-symbol et prouve définitivement qu’elle peut jouer sur tous les registres avec justesse.

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A noter, la présence au générique de Mike Patton, le musicien et chanteur du groupe de rock/funk/fusion Faith No More, qui assure une bande-originale soignée et envoutante, tant dans la tension quelle amène à certaines scènes que dans le retrait nécessaire à d’autres.

Tout ces atouts font de The place beyond the Pines, une partition dont chaque note compte, afin d’assurer à cette symphonie une belle illustration du déterminisme humain et de la confusion des sentiments.

Olivier Fournel

Sortie depuis le 20 mars 2013; de Derek Cianfrance; Avec : Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes, Rose Byrne, Dane Dehaan… Long-métrage américain; Genre : drame; Durée : 2h20   Distributeur : Studio Canal

X FACTEURS : PETITE HISTOIRE DU PORNO EN FRANCE – EPISODE I : THAT’S 70 SHOW

Le printemps arrive – ou en tout cas ne devrait pas tarder à arriver – et dès les premiers rayons de soleil le corps se réveille l‘esprit vagabonde, les hormones travaillent et certains souvenirs se font plus clairs, comme désengagés des frimas de l’hiver… Enfin, quand je parle de souvenirs, je parle de ceux que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, ou très mal, et qui mérite pourtant de l’être ! Alors, pénétrons dans les coulisses d’une partie de notre patrimoine cinématographique, dont l’Histoire a subit bien des remous…

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C’était mieux avant…

X…. Depuis 1975, c’est ce traditionnel emblème de l’anonymat qui sert à nommer l’innommable. La signature de la délinquance ! Au départ, cette « marque » vient du peu d’imagination de la part des censeurs (le X de seXe). Elle provient aussi de la cotation équivalente américaine d’interdiction aux mineurs, plus grave que le R Restricted. Le X étant l’étape ultime de l’infamie… Plus prosaïquement, la réalité est un peu différente. Le X a été un garde fou pour la profession cinématographique qui, sentant ses intérêts menacés par le déferlement érotique de 1974/75, s’est frileusement replié sur son conformisme puritain. Jusque-là on pouvait voir à l’affiche des mêmes cinémas Les aventures de Rabbi Jacob et La luxure secrète. Peu après, les cinémas pornos allaient fleurir un peu partout en France.

Les films se voient imposer une TVA majorée par rapport au films « classiques », un prélèvement de 20% sur les bénéfices et une taxe forfaitaire de 300 00 francs pour les films étrangers. A ces mesures financières drastiques, s’ajoute l’interdiction à l’affichage, les films devant se contenter en guise de publicité, de leur titre. Au vu de ces contraintes, on imagine les dégâts rapides que ne va pas manquer de créer cette loi. S’ensuivent le nivellement par le bas d’une production française dont la survie est liée à des budgets de plus en plus serrés. Retour de balancier logique : puisque l’importation de films s’interrompt faute d’être rentable, la production nationale installe un quasi monopole sur ce marché. Mais obligé de faire face à ces restrictions, les films sont de moins en moins inspirés et de plus en plus interchangeables. Les rares réalisateurs un tant soit peu ambitieux – Jean-François Davy, Francis Leroi, Pierre Reinhard ou Michel Ricaud – ont du mal à garder un point de vue artistique. Mais c’est aussi à partir de ce moment là que va naître un vrai star system, particulièrement féminin. je suis a prendre

Deux nouveaux genres vont alors émerger à cette époque, le vaudeville et le mélo mondain (dont Je suis à prendre, le classique de Francis Leroi, avec Brigitte Lahaie, qui allait devenir l’égérie de toute une génération). Et c’est bien les actrices qui vont devenir la principale attraction de ces films, l’homme instrumentalisé, étant réduit à sa fonction la plus primaire. Ultime conséquence d’un genre qui, à l’époque, est quasi exclusivement masculin. Le X devient une sorte de stéréotype, et n’existe plus que dans sa réalité économique et industrielle : les films commencent à être tourné à la chaîne, avec le même type de plans, le même type d’enchainements et de positions. Cela révèle un état de fait, tant en terme de production que d’exploitation : malgré la crise provoquée par la censure, les chiffres impressionnent encore par leur ampleur. Et pourtant, bien loin de se perdre dans ses propres méandres, c’est à la fin de cette décennie semée d’embuches que le X tente de se réinventer. Pas évident…

Toujours prêts…

A partir de là, il va devenir légitime d’établir un parallèle entre le X et le fantastique, même si son irréalisme rejoint plutôt le merveilleux. Comme un récit féérique, un film X se déroule dans un univers différent du nôtre, obéissant à d’autres lois … Les hommes comme les femmes sont toujours disponibles, consentants, performants et sans condition. Dans ce monde, qu’on aimerait tous connaître, pas de problème de tempérament, d’humeur, de compatibilité, de bonne ou de mauvaise disposition. Prenons pour exemple La rabatteuse. Notre dévouée Brigitte – encore elle – reçoit la tâche de « rabattre », donc, pour les plaisirs du meilleur ami de son amant, des jeunes femmes, et ceci tous les soirs. Non seulement elle accepte sans sourciller cette fonction pour le moins inhabituelle, mais surtout elle réussit à convaincre toutes ces demoiselles, parfaites inconnues, désignée à elle par l’heureux bénéficiaire. On croit rêver ! On en rêve…

On peut aussi s’étonner de cet archétype profondément contradictoire de la pucelle qui, sensée attendre depuis des années la révélation du plaisir, se révèlent au bout de quelques minutes la perle des expertes. C’est bien là la définition du merveilleux !

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Alors, manque d’imagination des réalisateurs ? Conditions économiques précaires des productions ? Les critiques contre le X – pas toujours de bonne foi – mais parfois justifiées, tournent autour de sa médiocrité artistique et de son manque d’originalité. Ce à quoi ses défenseurs, plutôt bien inspirés, répondront que lorsque l’on regarde un film comme Parties Fines, c’est plus pour sa monotonie répétitive que pour y trouver un « retournement de situation » digne de 6ème Sens.

Mais comment briser cet éternel retour ? Comment dans ces conditions renouveler l’intérêt des consommateurs ? Une nouvelle machine du X va bientôt se mettre en marche…

A suivre…

Olivier Fournel

SILENT HILL : REVELATION – 3D

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GAME OVER-DOSE !

C’est en 1999 que l’éditeur japonais Konami révolutionne le genre de  l’horror-survival dans le monde du jeu vidéo avec la création de la licence Silent Hill. Arborant un scénario aux tenants psychanalytiques, une mise en scène novatrice ainsi qu’une bande son aboutie, le jeu n’a rien à envier aux films de David Lynch avec son atmosphère oppressante à souhait. Un réel chef d’œuvre.

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Dans une ville mystérieuse où les ténèbres règnent en maître, une mère lutte corps et âme pour retrouver sa fille perdue dans les ténèbres. Alors que Paul W. S. Anderson nous avait fait saigner des yeux quelques années auparavant avec son Resident Evil (adapté du jeu éponyme), c’est en 2006 que Christopher Gans adapte sur grand écran la célèbre saga japonaise, et en fait l’une des meilleures adaptations de jeu vidéo au cinéma à ce jour.
Le film a su séduire les fans ainsi bien que les néophytes avec un scénario abordant le thème universel de l’amour maternel et celui de l’instinct de survie, tout en offrant au spectateur un visuel à la plastique baroque respectant les codes de la franchise.

Il aura fallu un temps de chargement assez long à ce second opus pour se mettre en route, puisque c’est six ans plus tard que Michael J.Bassett (Wilderness, Solomon Kane) prend les manettes d’un second épisode. Psychanalise ? Christophe Gans ? Silent Hill ? Michael J.Basset ? Veuillez redémarrer le système de votre console…

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La jeune Shanon Da Silva (Adelaide Clemens) a aujourd’hui dix-huit printemps et se fait appeler Heather Mason. Quant à son père, incarné par un Sean Bean embrumé, il a également changé d’identité afin de recommencer une nouvelle vie loin des horreurs de cette ville fantôme du Middle West américain cauchemardesque. Mais qu’est-il arrivé à Shanon ? Comment s’est elle échappée de la ville ? Qu’est-il advenu de sa mère ? Comme toute révélation qui se respecte, le film a les réponses et ici, c’est bien le problème…

Adelaide Clemens, avec sa frimousse de Michelle Williams à l’australienne, joue le rôle de la parfaite adolescente, mal dans sa peau et en quête de sa « véritable nature ». Une quête d’une heure et demi qui n’a malheureusement rien d’épique. Bien que l’action se déroule dans une ville toujours aussi glauque et superbe à la fois (magnifié par la 3D), ce nouvel opus a trop misé sur son aspect thriller en négligeant une véritable introspection des personnages.

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Alors que Radha Mitchell incarnait une mère affrontant des situations traumatisantes pour sauver sa fille, Shanon/Heather est ici confrontée à des situations d’une tiédeur inimaginable, cuisinées à la sauce Twilight, et aux relents d’amours d’adolescents interdits. Et puis, qui a déjà vu un « Pyramid  Head » gentil ? Dans le monde de Michael J. Bassett cela existe… Il ne manquerait plus qu’il brille brille au soleil !

Néanmoins, il serait injuste de ne pas reconnaitre que le réalisateur reconstitue parfaitement l’univers de Silent Hill, en véritable amateur du de la saga. Effectivement, cette suite est tout ce qu’il y a de plus fidèle à l’esprit du jeu vidéo mais, cette fois, au risque de laisser les cinéphiles en pleine brume…. Game over !

Jonathan Abchira

Silent Hill Revelation 3D – Sortie en DVD et Blu-Ray le 28 mars 2013 Réalisé par Michael J. Bassett ;Avec Adelaide Clemens, Sean Bean, Kit Harington, Carrie-Anne Moss, Radha Mitchell…  Long-métrage franco-canadien; Genre: Epouvante-horreur; Durée: 1h34; Distributeur: Metropolitan Filmexport

silent

– Bonus DVD : Commentaire audio de Michael J. Bassett ; Scènes coupées avec commentaire audio optionnel du réalisateur ; Making of ; Les coulisses du tournage : Les couloirs de Brookhaven / Le cercle de feu / Les rues de la ville / Les costumes / L’atelier ; Anatomie de trois scènes ; La création du générique de fin ; Le parc d’attraction tiré du film ; La bande annonce

– Bonus (BLU-RAY 3D) : Tourner en 3D ; Regard sur Silent Hill ; En 3D : Scènes coupées avec commentaire audio optionnel du réalisateur ; La bande-annonce ; En 2D : Commentaire audio de Michael J. Bassett ; Making of ; Les coulisses du tournage : Les couloirs de Brookhaven / Le cercle de feu / Les rues de la ville / Les costumes / L’atelier ; Anatomie de trois scènes ; La création du générique de fin ; Le parc d’attraction tiré du film ; Inclus : un livret exclusif !

– Contenu du coffret collector limité : « Silent Hill » en BLU-RAY et DVD ; « Silent Hill : Revelation » en BLU-RAY 3D et DVD ; La figurine numérotée de Red Pyramid créée exclusivement pour cette édition ; Le Livret sur les coulisses de « Silent Hill : Revelation » ; Les 8 cartes ; Le poster recto/verso

– Bonus du coffret collector limité : « Silent Hill » : Deux lectures interactives du film : Les images du film avant les trucages numériques ; Les coulisses du tournage ; Les commentaires audio du film par le réalisateur Christophe Gans (VF), par le producteur Andrew Mason et le monteur Sébastien Prangère (VOST) ; « Silent Hill : Revelation » : Exclu Blu-ray 3D : Tourner en 3D ; Regard sur Silent Hill ; Scènes coupées avec commentaire audio optionnel du réalisateur ; La bande-annonce ; En 2D : Commentaire audio de Michael J. Bassett ; Making-of ; Les coulisses du tournage : Les couloirs de Brookhaven / Le cercle de feu / Les rues de la ville / Les costumes / L’atelier ; Anatomie de trois scènes ; La création du générique de fin ; Le parc d’attraction tiré du film